Challenge nordique avec Marjorie

Marjorie – du blog Chroniques littéraires – a créé ce Challenge nordique en mars 2014 et il est devenu perpétuel. Mais il se perd un peu dans la blogosphère surchargée alors Marjorie lui donne un petit coup de fouet en ce début d’année pour le relancer et propose un nouveau logo (ci-contre).

Comme j’ai fait un beau score lors du Décembre nordique 2020 (10 billets), j’ai bien envie de m’inscrire à ce Challenge nordique : lectures (romans, BD, mangas, livres audios, romans graphiques…), culture, films, séries, recettes, voyages…

Infos, inscription et logo chez Marjorie + le groupe FB dont je suis en fait membre depuis janvier 2017 (c’est sûrement pour ça que je pensais déjà participer à ce challenge).

J’ai fait des petites recherches pour comprendre la différence entre nordique et scandinave… Alors Skandinavien est un mot commun aux Danois, Norvégiens et Suédois. Donc au niveau linguistique, la Scandinavie, c’est le Danemark, la Norvège et la Suède, plus les îles Féroé qui est un archipel danois. Mais, « pays nordiques » (Norden en danois, norvégien et suédois) a été créé car, géographiquement, la Finlande et l’Islande sont aussi au nord de l’Europe.

Sont donc concernés par ce challenge : le Danemark (et son archipel des îles Féroé), la Norvège, la Suède auxquels se rajoutent l’Islande, la Finlande (et sa province autonome d’Åland) ainsi que le Groënland (pour son patrimoine historique et culturel scandinave et ses relations étroites avec les pays cités plus haut, d’autant plus qu’il est rattaché au Danemark).

Mes billets pour ce challenge

1.  La gouvernante suédoise de Marie Sizun (Arléa, 2016, France) – > Suède

Le bonhomme de neige de Jo Nesbø

Le bonhomme de neige de Jo Nesbø.

Gallimard, collection Série noire, mai 2008, 528 pages, 22 €, ISBN 978-2-07078-641-1. Snømannen (2007) est traduit du norvégien par Alex Fouillet.

Genres : littérature norvégienne, roman policier.

Jo Nesbø naît le 29 mars 1960 à Oslo (Norvège). Jeune footballeur, étudiant à la Norwegian School of Economics à Bergen, journaliste économique, auteur compositeur interprète du groupe de pop rock Di Derre, avec son frère Knut Nesbø, de 1992-1998 (j’ai écouté quelques titres, c’est pas mal), le voici maintenant romancier (romans policiers et littérature jeunesse) depuis 1997, nouvelliste et scénariste. C’est la première fois que je lis cet auteur mais j’ai vu (et apprécié) la série télévisée Occupied.

Le bonhomme de neige est le 7e tome de Une enquête de l’inspecteur Harry Hole. Zut, moi qui pensais commencer par le début… En tout cas, en 2017, ce roman est adapté au cinéma par Tomas Alfredson (réalisateur suédois) avec Michael Fassbender (acteur germano-irlandais) dans le rôle de l’inspecteur Harry Hole (mais je n’ai pas vu ce film).

5 novembre 1980, la neige arrive sur Lillestrøm. Sara Kvinesland rend visite à son amant avant qu’il ne déménage. Son fils l’attend dans la voiture. Lorsqu’elle revient quarante minutes plus tard, il lui dit qu’il a vu le bonhomme de neige et « Nous allons mourir. » (p. 17).

2 novembre 2004. Harry Hole, à 40 ans, est inspecteur principal à la Brigade criminelle d’Oslo. Son service doit enquêter sur une femme disparue depuis un an. « Elle était femme au foyer, et avait été vue pour la dernière fois au jardin d’enfants où elle avait déposé son fils et sa fille, le matin même. » (p. 27-28). Une nouvelle enquêtrice, Katrine Bratt, est affectée à la brigade.

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, Birte Becker disparaît laissant seul son fils de 10 ans, Jonas. Le père, Filip, professeur, est à Bergen. Hole et son équipe sont sur l’affaire. En fait, un bonhomme de neige est apparu dans leur jardin et, au lieu de regarder la route, ses yeux en charbon sont dirigés vers la maison et autour du cou, il a l’écharpe rose de Birte…

« Ça, c’est une des vieilles affaires de Hole, non ? […] Il croyait qu’il y avait un tueur en série dans la nature. […] tu sais sans doute qu’il se trompait ? Et que ce n’’était pas non plus la première fois. Il est littéralement obsédé par les tueurs en série, Hole. Il se croit aux États-Unis. Mais il n’a pas encore trouvé le sien dans ce pays. » (p. 76). C’est que Harry Hole a suivi une formation au FBI et qu’il est spécialisé dans les tueurs en série. Et, surtout, il a reçu cette lettre : « La première neige ne tardera pas. Et il resurgira alors. Le bonhomme de neige. Et quand la neige aura disparu, il aura de nouveau pris quelqu’un. Ce que tu devrais te demander, c’est ceci : ‘Qui a fait le bonhomme de neige ? Qui fait les bonhommes de neige ? Qui a enfanté The Murri ?’ Car le bonhomme de neige lui-même ne le sait pas. » (p. 91) alors il est sûr qu’il y a un tueur en série !

Une femme disparue, une autre dont la tête est retrouvée sur un bonhomme de neige, une clinique de chirurgie plastique, le syndrome de Fahr, un flic kleptomane de Bergen disparu depuis plus de dix ans années, l’enquête suit plusieurs pistes. « Le meurtrier en série est un narcissique qui met en scène une pièce dans laquelle il tient le rôle principal ; l’invincible, le plus puissant, celui qui triomphe à la fin. » (p. 200).

Côté perso, Harry Hole se remet doucement de sa séparation d’avec Rakel qui compte épouser un autre homme mais ils continuent de se voir et Hole peut également voir Oleg, 12 ans, dont il s’est occupé comme d’un fils.

Une phrase à méditer. « Plus je vieillis, plus je suis d’avis que le mal est le mal, avec ou sans maladie mentale. » (Ståle Aune, p. 519).

L’enquête est assez rapide, elle dure 3 semaines (donc du 2 au 23 novembre) mais le roman trouve son épilogue en décembre. Une enquête violente, brutale, qui ne fait pas la part belle aux journalistes et à certains policiers prêts à balancer pour sauver leur peau… Mais Harry Hole semble invulnérable. Et les personnages qui l’entourent sont divers et attachants (pour la plupart). De plus, la musique a une grande importance (le lecteur sent que l’auteur est aussi musicien) et il y a une véritable bande son pop rock. Le bonhomme de neige est un polar dense et efficace et je lirai d’autres titres de Jo Nesbø, c’est sûr et certain !

Pour le Challenge du confinement (case Policier), Décembre nordique, Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Norvège). Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 17.

L’edda poétique

L’edda poétique, textes présentés et traduits par Régis Boyer.

Fayard, janvier 1992, 686 pages, 34,50 €, ISBN 978-2-21302-725-8.

Genres : littérature scandinave, poésie, classique, fantastique.

Régis Boyer naît le 25 juin 1932 à Reims. Il étudie le français, la philosophie et l’anglais (licences), les lettres modernes (agrégation) et les lettres (doctorat). Il devient enseignant universitaire de français (Pologne, Islande, Suède). Puis professeur de langues, de littératures et de civilisation scandinaves à la Sorbonne et directeur de l’Institut d’études scandinaves de la Sorbonne. Il est linguiste, auteur, traducteur et membre du comité scientifique de la revue Nordiques (créée en 2003). Il meurt le 16 juin 2017 à Saint Maur des Fossés.

Ces textes plutôt islandais mais aussi norvégiens sont traduits du norrois. Le vieux norrois (ou vieil islandais) « correspond aux premières attestations écrites d’une langue scandinave médiévale » (source Wikipédia). Le vieux norrois « désigne la langue du Danemark, de la Norvège et de la Suède ainsi que des colonies scandinaves comme l’Islande pendant l’âge des Vikings (vers 750-1050), le haut Moyen-Âge et le Moyen-Âge central (vers 1050-1350) » (source Wikipédia).

Les Vikings de Norvège font des excursions en Islande, Angleterre et Suède. Les Vikings, c’est « rapts, pillages, tueries, batailles, abordages, beuveries » (p. 68) mais c’est aussi des sagas et de la poésie (edda).

Pourquoi ces textes sont plutôt islandais ? « Ce qu’il importe absolument de ne jamais oublier dès que l’on aborde la mythologie nordique à travers les seuls textes islandais qui nous la révèlent […] (p. 70). J’en déduis que les anciens scandinaves (qui parlaient donc le norrois) n’écrivaient pas à part les Islandais. Mais il y a quelques eddas norvégiennes comme l’edda d’Egill, fils de Grímr, enfant précoce, poète, grand guerrier viking et magicien (runes).

Les eddas, ce sont deux manuscrits du XIIIe siècle mais les histoires racontées se déroulent entre le IXe et le XIe siècles. Le premier rédigé en 1230 est un « manuel d’initiation à la mythologie nordique destiné aux jeunes poètes » (p. 71). Edda signifierait « aïeule, et donc mère de tout savoir » (p. 71) mais il existe deux autres étymologies. Et fin du XIIIe siècle (original rédigé entre 1210 et 1240), le « Codex Regius » qui « contient les grands poèmes nordiques sacrés et héroïques » (p. 73) soit « edda poétique » ou « edda ancienne ».

Issus de la tradition orale (Ixe-Xe siècles), ces poèmes en norrois ont parfois été retranscrits au XIIIe siècle avec des erreurs, des oublis… « Il est évident qu’avant d’avoir été rédigés ces poèmes ont couru de bouche à oreille pendant des siècles, avec toutes les incompréhensions, tous les ajouts, refontes, interpolations et déformations que cela suppose. » (p. 73-74). Certains poèmes étaient récités ou chantés.

Alors les Vikings, des barbares ? Dans certains cas oui, mais leur poésie est délicate, subtile, rigoureusement construite même si je n’ai pas tout compris avec les termes techniques !

Les eddas, c’est partir à la découverte des hommes mais aussi des géants, des nains, des alfes (esprits des morts), des valkyries, etc. Fertilité, culte phallique, famille et vie quotidienne, sagesse, héroïsme, surnaturel, etc. C’est tout ça les eddas.

« Jeune, je fus jadis. / Je cheminai solitaire ; / Alors je perdis ma route ; / Riche je me sentis / Quand je rencontrai autrui : / L’homme est la joie de l’homme. » (strophe 47 p. 177 de Les dits du Très-Haut), « un des plus beaux thèmes, des plus positifs aussi, des Hávamál » (note p. 177).

Il y a quelques noms connus comme Ódinn, Thórr, Loki, Freyja (déesse)… mais sinon je dois avouer que la lecture fut difficile avec tous ces noms ! Heureusement qu’il y a des notes en bas de page ! Si les notes avaient été en fin de volume, leur lecture eut été impossible… Les Vikings furent une grande civilisation européenne antique (de langue indo-européenne) mais je dois admettre mon inculture…

« Pour revenir une fois encore sur l’idée centrale de ce livre, je retrouve ici, par excellence, ce composé qui me paraît tellement caractéristique , de réalisme (voyages en mer, expéditions vikings), de mystère (valkyries et métempsychoses) et d’art élaboré qui en est la marque. » (p. 281). Il y a la création du monde, le grand arbre Yggdrasill, les prouesses de Thórr, etc.

une des prouesses de Thórr : « Indomptable arriva / Au thing des dieux / Ayant le chaudron / Qu’avait possédé Hymir ; / Et chaque automne, / Les dieux suprêmes / Pourront bien boire / La bière chez Aegir. » (strophe 39 p. 436 in Le chant de Hymir).

Pour conclure, je voudrais parler de Ragnarök (un nom connu) : fin du monde ? Fin de ce monde ? « On peut, si on lit ragna rökr, entendre « crépuscule des puissances, des dieux » ; mais la leçon , plus fréquente, ragna rök signifie « destin des puissances », ou, mieux encore, « Consommation du Destin des Puissances » dont le sens est plus satisfaisant. » (p. 501). Donc pas de fin absolue ? « Non, et voici le plus émouvant. Cette mort ne va pas sans transfiguration, une résurrection suit cette apocalypse : « Le temps va ramener l’ordre des anciens jours. » Aux Scandinaves du monde viking, comme à tout l’héritage indo-européen, le néant était inadmissible. […]. » (p. 503).

Ce livre est sur mes étagères depuis 15 ans (ou plus !) et peut-être que je ne l’aurais jamais lu s’il n’y avait pas eu le challenge Les classiques c’est fantastique (poésie en août). La lecture a été difficile, laborieuse même (le livre est gros, lourd et je m’y suis prise en plusieurs fois pour le lire) mais tellement enrichissante ! C’est sûr que ça aurait été plus simple et rapide de lire un petit livre de haïkus japonais anciens ! Mais je vous conseille ces eddas, peut-être des extraits pour se rapprocher un peu de ces voisins scandinaves dont on se sait pas grand-chose à part les polars et quelques séries télévisées policières…

Je mets cette lecture dans Cette année, je (re)lis des classiques, dans le Challenge de l’été (Islande, Norvège), dans Contes et légendes #2 (légendes scandinaves) et dans Littérature de l’imaginaire #8.

L’île du Diable de Nicolas Beuglet

L’île du Diable de Nicolas Beuglet.

XO, collection Thriller, septembre 2019, 320 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-37448-134-0.

Genres : littérature française, roman policier.

Nicolas Beuglet… Je remets ce que j’ai écrit pour Le cri et Complot. Il vit dans la région parisienne. Il a travaillé pour la télévision. Il est maintenant écrivain. Son premier roman, Le premier crâne, est paru en avril 2011 chez Michel Lafon mais sous le pseudonyme de Nicolas Sker et j’ai très envie de le lire mais il n’est pas facile à trouver et il n’existe pas en poche… Peu d’infos sur cet auteur apparemment discret mais il a une page FB pour ses livres.

Environ un an après les événements tragiques du Complot, Sarah Geringën sort de prison et apprend que son père, André Vassili, est mort dans la nuit. « Elle avait grandi à côté de ce père, sans jamais vraiment le connaître. Quand il travaillait encore et que sa sœur et elle étaient des petites filles, ses reportages de guerre le menaient au bout du monde. Lorsqu’il rentrait, il ne parlait que très peu et ne participait pas à la vie de famille. Depuis sa retraite, il était une présence calme et toujours distante. Un être déjà absent de son vivant. » (p. 15). Mais Sarah est sous le choc lorsqu’elle apprend qu’il a été assassiné et même torturé. Sarah n’a pas le droit d’enquêter sur cette affaire mais son supérieur, le commissaire Stefen Karlstrom, a « mis en place une configuration spéciale » (p. 20) : un jeune diplômé de 32 ans, prometteur, Adrian Koll, officiellement en charge de l’enquête ; le légiste Thobias Lovsturd (avec qui Sarah a déjà travaillé dans Le cri) ; et une petite jeune qui débute, Erika Lerstad, pour le côté scientifique. « Fais en sorte d’être discrète, et sois prudente, c’est tout ce que je te demande. Ce qu’on a fait à ton père, c’est de la haine à l’état brut. » (p. 21). Mais Sarah découvre des choses étranges… Et si « son père n’était pas celui qu’il prétendait être » ? (p. 29).

De son côté, Christopher, rejeté il y a un an par Sarah qui ne voulait pas l’obliger à l’attendre, enquête, en bon journaliste d’investigation, sur l’absence de Sarah du centre de réadaptation de Hemsedal et sur la mort du petit Matts. « Christopher, qui avait cru pouvoir démentir haut la main les insinuations du journaliste Tomas Holm et sauver Sarah de la diffamation, était aujourd’hui rongé par la peur de découvrir une indicible vérité. Mais il ne pouvait plus faire marche arrière. » (p. 84). Quant au chef de police Stefen Karlstrom, il enquête, avec une autre équipe, sur des ravisseurs qui ont enlevé une jeune femme.

Sarah Geringën et Adrian Koll doivent se rendre en Russie. « Oui, je pourrais retourner à Oslo, couvrir mes arrières, argumenta Adrian. Mais je ne veux pas être un petit inspecteur de quartier. Je veux qu’un jour on me confie les plus grosses affaires. Et on ne les donne qu’à ceux qui ont fait preuve d’audace, de ténacité et de courage. » (p. 184-185). Ils doivent retrouver l’île du Diable, sur l’Ob, ou l’île de Nazino. Qu’est-ce que le père de Sarah a à voir avec cette île inconnue ?

Dans ce troisième volume des enquêtes de Sarah Geringën, Nicolas Beuglet fait fort… et encore violent (mais en moins de pages, environ 180 pages de moins que dans Le cri et Complot, ce qui donne un récit plus condensé et dense). En découvrant la mythologie russe avec Rod, le dieu primordial, créateur de l’univers, et son épouse Rojanice : « sous le visage masculin se cache une femme… » (p. 193), le lecteur retrouve la religion et le féminisme des deux précédents tomes. Mais l’auteur parle surtout d’épigénétique, un terme que je découvre grâce à ce roman, ainsi que ses implications dans les vies de chaque être humain et, comme je sais que l’auteur s’inspire toujours de fait historiques et scientifiques réels, j’ai fait quelques recherches, même si c’est un peu compliqué pour moi (et peut-être pour vous aussi !). « L’épigénétique (du grec ancien ἐπί, épí, « au-dessus de », et de génétique) est la discipline de la biologie qui étudie la nature des mécanismes modifiant de manière réversible, transmissible (lors des divisions cellulaires) et adaptative l’expression des gènes sans en changer la séquence nucléotidique (ADN). ‘Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule ou… ne pas l’être.’ » (source : Wikipédia).

Encore un très bon thriller mais, attention, « les fantômes hantent l’île du Diable pour l’éternité » (p. 206) pour les challenges 1 % Rentrée littéraire 2019 et Polar et thriller 2019-2020. J’ai lu ce thriller d’épouvante pendant le Rat-a-week de l’épouvante – du 13 au 20 octobre 2019 mais je n’ai pas pu publier cette note de lecture avant le 20 octobre.

Complot de Nicolas Beuglet

Complot de Nicolas Beuglet.

XO, collection Thriller, mai 2018, 496 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-84563-981-2.

Genres : littérature française, roman policier.

Nicolas Beuglet… Je remets ce que j’ai écrit pour Le cri. Il vit dans la région parisienne. Il a travaillé pour la télévision. Il est maintenant écrivain. Son premier roman, Le premier crâne, est paru en avril 2011 chez Michel Lafon mais sous le pseudonyme de Nicolas Sker et j’ai très envie de le lire mais il n’est pas facile à trouver et il n’existe pas en poche… Peu d’infos sur cet auteur apparemment discret mais il a une page FB pour ses livres.

Environ un an après l’affaire 488 (dans Le cri), Christopher et son fils adoptif, Simon, ont rejoint Sarah en Norvège et ils se sont installés sur la petite île de Grimsøya qui « se traversait en moins de dix minutes à pied et n’abritait pas plus de quarante-cinq maisons disséminées à l’abri des indiscrets parmi l’abondante végétation d’épicéas et de bosquets au feuillage persistant. » (p. 10). Décembre 2018. Un hélicoptère militaire atterrit dans leur jardin, au grand désarroi de Simon, et emmène Sarah Geringën dans la ville de Vardø dans la mer de Barents. « Vardø […] La dernière ville de Norvège avant la Russie à l’est de l’Arctique au nord. Jamais elle n’aurait cru se rendre un jour dans ce port de glace perdu sur des terres abandonnées par la vie. » (p. 25). Elle est ensuite conduite sur l’île de Hornøya qui abrite une réserve ornithologique. « Tout devint clair : les Forces spéciales, l’urgence et le sceau du secret […]. Aux pieds de Sarah, assassinée, gisait Katrina Hagebak, la Première ministre norvégienne. » (p. 44). Ses trois gardes du corps ont été égorgés pour l’un, poignardés pour les deux autres ; il n’y a « aucune trace d’effraction nulle part » (p. 47) et tout a été retourné dans la maison : cambriolage ? « Il était évident que Katrina Hagebak n’était pas la femme publique que l’on croyait connaître. » (p. 79).

Mais Sarah met le Ministre de l’Intérieur en colère en refusant de croire à la piste de nationalistes russes (trop facile, trop évident) et le ministre envoie l’inspecteur Peter Gen pour la remplacer ! « […] pour la première fois, ce n’était pas le comportement du coupable qui la questionnait le plus mais celui de la victime : qu’est-ce qui avait poussé Katrina Hagebak à vouloir effacer les indices laissés par son meurtrier ? » (p. 148).

Une deuxième enquête à haut risque pour l’inspectrice Sarah Geringën qui pensait avoir un peu de calme dans sa vie, dans son couple, en s’installant à Grimsøya ! Christopher sera mêlé malgré lui à l’enquête et, encore une fois, l’auteur s’est inspiré de faits réels, ce qui donne vraiment de la consistance à ses personnages et à son histoire. Le thème du féminisme (avec une pointe de mysticisme comme dans Le cri) est abordé de façon incroyable ! « Etta la cité réveillera, Ada la science embrasera et Ludmilla tous les réunira. » (p. 341).

En bon thriller qui se respecte, le lecteur est convié au voyage, ici dans la cité antique de Byblos (devenue Dbeil) au Liban. Mais je vous laisse découvrir tout le reste en lisant ce roman, à la hauteur de Le cri, un excellent thriller sur la plus grande imposture historique et religieuse au monde ! D’ailleurs, j’ai souri lorsque l’auteur parle de Lise Meitner car j’ai récemment lu Le Prix de Cyril Gely, très bon roman sur la place de la femme dans la science.

Encore un thriller parfait pour le challenge Polar et thriller 2019-2020.

Le cri de Nicolas Beuglet

Le cri de Nicolas Beuglet.

XO, collection Thriller, septembre 2016, 496 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-84563-820-4.

Genres : littérature française, roman policier.

Nicolas Beuglet vit dans la région parisienne. Il a travaillé pour la télévision. Il est maintenant écrivain. Son premier roman, Le premier crâne, est paru en avril 2011 chez Michel Lafon mais sous le pseudonyme de Nicolas Sker et j’ai très envie de le lire mais il n’est pas facile à trouver et il n’existe pas en poche… Peu d’infos sur cet auteur apparemment discret mais il a une page FB pour ses livres.

Après une dispute avec son mari, Sarah se retrouve dans sa voiture en pleine nuit sous la neige lorsqu’un appel d’un collègue l’envoie à l’hôpital psychiatrique de Gaustad près d’Oslo. Sarah Geringën est inspectrice de police et se rend sur place avec Thobias Lovsturd, légiste, mais ils n’ont pas très envie d’enquêter dans cet établissement : Gaustad détient « le sinistre record d’Europe de lobotomies » (p. 24). « L’hôpital semblait figé dans le passé. Tant et si bien que, sans l’écran d’ordinateur qui dépassait du meuble de l’accueil, on aurait pu se croire à la fin du XIXe siècle. » (p. 26). Un patient amnésique et inconnu de 76 ans interné pour « de récurrents troubles de la personnalité » (p. 33) se serait étranglé lui-même et serait mort d’une crise cardiaque mais il a une inscription bizarre sur le front : 488. Et, durant l’enquête, Sarah et Thobias découvrent bien d’autres choses… « – 488 était-il là hier soir – Oui, il a crié, comme tous les soirs… Son cri à lui. Un truc moche… Vraiment moche… » (p. 63). Vous comprenez le titre du roman, Le cri.

Le cri (Skrik) d’Edvard Munch (Norvège, 1893)

« La vie nous tuerait tous si nous n’avions pas l’oubli, madame Geringën. Cet oubli qui fait que nous ne pensons pas chaque seconde à l’absurdité de notre existence. Nous vivons sans savoir d’où nous venons et nous mourons sans savoir où nous allons. Comment vivre entre les deux ? Comment ne pas être paralysé par cette absence de sens ? » (p. 126).

Avec les résultats de leurs recherches, toujours secrètes, les scientifiques veulent (en temps voulu) « briser une fois pour toutes les résistances athéistes » (p. 441).

Dans cet excellent thriller scientifique et mystique, le lecteur voyage avec Sarah, de la Norvège aux îles de l’Ascension, en passant par la France où elle rencontre Christopher, un journaliste d’investigation français dont le frère a été assassiné. Le cri, c’est la peur, la folie, la folie des hommes et la folie des débuts de la psychiatrie, un roman inspiré de faits réels et ça fait froid dans le dos, c’est même plus qu’effrayant ! Mais je ne veux pas en dire plus, j’ai dévoré ce roman, et j’espère que vous aussi vous le dévorerez. Ont suivi Complot en mai 2018 (que j’ai dévoré aussi récemment) et L’île du Diable qui vient de paraître, en septembre 2019 (et que je veux absolument lire).

Ce très bon roman a reçu plusieurs prix : Prix du Polar des Petits Mots des Libraires 2017, Prix du Roman Populaire 2017, Prix des nouvelles voix du polar 2018 (catégorie roman français, Pocket), Prix Polar en Nivernais 2018 et c’est largement mérité !

Une lecture parfaite pour Polar et thriller 2019-2020.

Buck, la nuit des trolls d’Adrien Demont

Buck, la nuit des trolls d’Adrien Demont.

Soleil, collection Métamorphose, mai 2016, 80 pages, 17,95 €, ISBN 978-2-302-05060-0.

Genres : bande dessinée, conte, fantastique.

Adrien Demont naît le 1er janvier 1986 à Villeneuve sur Lot. Il étudie les Beaux-Arts à Angoulême. Il est dessinateur et auteur. Plus d’infos sur son blog.

Norvège. « L’hiver est rude… Il n’y a que la neige et le vent, le vent et la neige… » (p. 12). Poussés par les flots marins, Buck et sa niche arrivent dans un lieu inconnu. Un malheureux couple d’humains a trouvé un troll dans le berceau de leur fille. Buck est chargé de ramener le bébé mais il est peureux et il fait nuit ! Il rencontre Snorri, un lièvre boiteux qui l’invite au vieux moulin abandonné. Mais « Le temps presse, si la petite humaine finit son sevrage aux mamelles d’une troll, elle deviendra des leurs. » (p. 50).

Auparavant frappé par la foudre, Buck ne quitte plus sa niche, il est un peu un chien-tortue. À la fois drôle et onirique, cette bande dessinée est inspirée d’un conte scandinave. Les dessins sont superbes, sombres, et il y a peu de textes, ce qui laisse place à l’observation des détails et à l’imagination.

J’ai très envie de lire Buck, le chien perdu paru en mai 2019 et qui raconte en fait l’histoire de Buck avant la nuit des trolls.

Buck, la nuit des trolls est dédicacé à Theodor Kittelsen. Je ne connais pas… C’est un peintre et illustrateur norvégien (1857-1914) distingué Chevalier de l’ordre de Saint-Olaf ; il est connu pour ses illustrations de trolls dont s’est inspiré Adrien Demont.

C’est la rentrée de La BD de la semaine ! Je ne sais pas si le challenge BD de Marjorie continue après juillet 2019… (oui, il continue). Je mets cette très belle bande dessinée dans les challenges Contes et légendes, Jeunesse Young Adult #8 (qui cette année, accepte les bandes dessinées) et Littératures de l’imaginaire.

Plus de BD de la semaine chez Moka.